mercredi 9 août 2017

Ce blog s'offre un « break » sur la Côte Atlantique *


Ces cris d'enfants
aux quatre coins de la plage.
Pépiements bleus.
 

*

Mon fils – son sourire
dans la poussette –
(quand il me rejoint avec ma compagne)
Soleils !

*

On marche au bord de la mer
on n'en finit pas
d'allonger le temps.

*

(haïkus inédits, 2015, 2016 et 2017)



* Reprise du service, début septembre.

jeudi 3 août 2017

Blaise Cendrars, droit au but


Nous sommes en 1905-1906 à Saint-Pétersbourg, en Russie.  Frédéric Louis Sauser alias Blaise Cendrars (1887-1961) joue alors au poste d'avant-centre du club de football local, comme précédemment, en Suisse, à l'âge de 15 ans.

blaise cendrars-1905-1906
© Photo Miriam Cendrars*

Sur le site So Foot, un article étonnant d'Éric Carpentier du 1er septembre 2015 revient justement sur la « carrière » footballistique du poète Blaise Cendrars évoquée dans son roman, Le Lotissement du ciel (1949) et dans le journal L'Équipe, quelques années plus tard, avec le don affabulateur qu'on lui connaît.

Sacré Blaise !


Îles

Îles
Îles
Îles où l'on ne prendra jamais terre

Îles où l'on ne descendra jamais
Îles couvertes de végétations
Îles tapies comme des jaguars
Îles muettes
Îles immobiles
Îles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussure par-dessus bord car je voudrais
    bien aller jusqu'à vous 


Blaise Cendrars, extrait de Feuilles de route, I. Le Formose, Au Sans Pareil, 1924.


* La photo est extraite de l’œuvre de Blaise Cendrars, Partir : Poèmes, romans, nouvelles, mémoires, publiée dans la collection Quarto Gallimard.

samedi 29 juillet 2017

Thierry Metz (1956-1997), la simplicité et la gravité blessée

Thierry Metz anthologie

Je n'ai jamais écrit sur Thierry Metz. C'est à la fois douloureux et bouleversant pour moi. Son écriture attaque l'os de l'essentiel et me remue terriblement, au-delà des mots. Cette écriture, sensible et affûtée, m'apparaît humble et étrangement familière, en même temps, à chacune de mes lectures ; ce depuis que j'ai découvert en 1993 ou 94 son Journal d'un manœuvre, d'abord interpellé par la préface de Jean Grosjean, avant d'avoir été happé par ce puissant récit à l'écriture dépouillée et lumineuse, un lundi soir, dans une librairie, jusqu'à la fermeture de l'enseigne.

En juin dernier, Cécile Odartchenko a eu l'excellente idée de publier une monographie consacrée à Thierry Metz, accompagnée d'un choix de textes  aux éditions des Vanneaux dans sa précieuse collection « Présence de la Poésie »*.

Cette approche de l’œuvre a été rédigée par le jeune poète, Cédric Le Penven, écrivain lui-même de l'introspection, qui était tout trouvé pour éclairer, avec une juste acuité, l’œuvre si singulière et poignante du regretté Thierry Metz.

Un jour d'avril 1997, ce poète - douloureux et merveilleux  -
a décidé, trop tôt, de nous fausser compagnie, ravagé par une disparition tragique dont il ne s'était jamais réellement remis, malgré plusieurs séjours en maison de soin, et que l'exercice quotidien de l'écriture ne lui a pas permis non plus, hélas, de surmonter.

Pour nous consoler, il nous reste à relire indéfiniment cette œuvre unique et
singulière qui sera, j'en suis sûr, sans cesse redécouverte ! 

Je ne sais
comment j'arrive à me suivre
à m'entendre
à racler le peu qui me reste.

Je n'irais pas loin
si je n'emportais pas sa voix
si je n'avais pas ce ruisseau
de sa main
sur la mienne.
Ce que je retrouve le soir
détourné par un baiser.

*

Thierry Metz, Tel que c'est écrit, L'Arrière-Pays, 2012.


À signaler également :
L'homme qui penche (journal), Thierry Metz, éd. Unes, nouv. parution mai 2017, 19 €. 
Poésies 1978-1997, inédits parus en revue, Thierry Metz, Pierre Mainard, juin 2017, 18 €.


* 18 titres de Poètes d'Aujourd'hui y sont parus à ce jour.

lundi 24 juillet 2017

Jacques Prévert (1900-1977)


Le Progrès :
Trop robot pour être vrai.

* 

La liberté est toujours en vérité provisoire.

*

Jérusalem.
J’ai rusé l'âme.

*

Bien souvent, le lâche demande aux autres le courage de ses opinions.

*

Plus on aide le fou, plus il rit.

*

Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche.

*

On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller.

*


Jacques Prévert, extrait de Fatras, partie Graffiti, Éditions Gallimard,
1966.


Jacques Prévert
Jacques Prévert © Guetti